Ligue Togolaise des Droits des Femmes

Dans le cadre de la célébration de la Journée Internationale Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines (MGF), une conférence-débat s’est tenue le 07 février 2026 dans la Salle Malayika des Affaires Sociales de Sokodé, autour du thème : « À l’horizon 2030 : pour mettre fin aux mutilations génitales féminines, un engagement et des investissements soutenus sont indispensables ».

L’évènement a été organisé par la Ligue Togolaise des Droits de la Femme (LTDF) et le Comité InterAfricain sur les Pratiques Traditionnelles ayant Effets sur la Santé des Femmes (CIAF/TOGO), avec l’appui financier de l’ONG Allemande TOGOVEREIN.

Cette activité a réuni les Autorités politiques, administratives, les Leaders communautaires, traditionnels et religieux, les organisations de la société civile, les Femmes leaders, le Personnel judiciaire ainsi que les Forces de sécurité (Gendarmerie/police), dans le but de renforcer la mobilisation collective pour l’élimination de l’excision, pratique néfaste constituant une violation des droits humains et une menace grave pour la santé et la dignité des filles et des femmes.

I. DEROULEMENT DE L’ACTIVITE

I.1. Cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans la Salle Malayika des Affaires Sociales de Sokodé, le 07 février 2026 et a été marquée par plusieurs interventions institutionnelles et culturelles. L’ouverture a débuté par le mot de bienvenue prononcé par la Présidente du CIAF/Tchaoudjo, Madame Cissé Rabi. Dans son intervention, elle a souhaité la cordiale bienvenue à l’ensemble des participants. Elle a remercié l’ONG Allemande Togoverein et sa représentante pays pour leur accompagnement constant dans la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF). Elle a rappelé que les MGF violent les droits fondamentaux des filles et des femmes, mettent en danger leur santé, leur dignité et confisquent leur avenir. Madame Cissé Rabi appelle à agir ensemble pour mettre fin à ces agissements qui humilient la gente féminine.

Ensuite, s’en est suivi l’allocution de la Présidente Nationale de la LTDF et du Comité Inter Africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des Femmes et des Filles (CIAF/TOGO), Madame NAPOE Assibi, qui a en premier lieu salué la présence des autorités et participants ainsi que celle de l’ONG Togoverein et de sa représentante au Togo. Elle leur a exprimé sa profonde gratitude et sa reconnaissance pour leur engagement constant dans la lutte contre les MGF. Poursuivant son intervention, elle a indiqué que les MGF existent toujours au Togo, précisant que la forme la plus courante dans le pays c’est l’excision. « Au total, 11% d’excisées dans Assoli, 27% dans Tchaoudjo et 14% dans Tchamba ont été enregistrés dans la centrale en 2022 », a-t-elle signalé. La Présidente a précisé que, dans la région Maritime, l’on note 2% de cas en moyenne. Elle a affirmé que l’objectif d’élimination de cette pratique en 2030 est atteignable en misant sur les engagements et les investissements. « Plus d’excisions au Togo pour la jouissance effective des droits de la femme et des filles, je m’engage », a-t-elle lancé.

La cérémonie a été ponctuée par un intermède culturel animé par le groupe folklorique « Nonkouroumon », contribuant à transmettre les messages de sensibilisation à travers des chants et danses locales.

La représentante de Togoverein au TOGO, Madame Aridja FRANK, à son tour, a souligné que les mesures de sensibilisation des quatre années à venir seront déterminantes dans la lutte contre les MGF. Elle a convié les autorités traditionnelles et religieuses ainsi que les forces de défense et de sécurité à s’engager pour que collectivement l’excision puisse être éradiquée au Togo.

Enfin, le Secrétaire Général de la Préfecture de Tchaoudjo, Monsieur BAWO Moukadassi, Représentant Monsieur le Préfet, a officiellement déclaré la journée ouverte. Il a remercié le Président du Conseil, Faure GNASSINGBE pour sa politique de promotion des droits de la femme. Il a salué les échanges et encouragé la mise en place de stratégies novatrices pour mettre un terme définitif à l’excision dans la préfecture.

I.2. Prestation du groupe de sketch

Avant la présentation du thème de la journée, une prestation théâtrale a été assurée par le groupe UAFEF (Union des Associations Féminines pour l’Emancipation de la Femme). A travers un sketch riche en messages, le groupe a mis en scène les réalités liées à la pratique des Mutilations Génitales Féminines, notamment l’excision, en illustrant les pressions sociales, familiales et culturelles qui favorisent sa persistance. La représentation a également exposé les conséquences graves de cette pratique sur la santé physique et psychologique des filles et des femmes, tout en soulignant la nécessité de protéger leurs droits et leur dignité.

A la suite de la représentation, Madame MADJDJE Sikira, Membre du groupe UAFEF, a pris la parole pour livrer un témoignage émouvant. Elle a confié, je cite : « J’ai été excisée en 1966 quand j’étais encore enfant. En 1975, en voulant accouché, j’ai eu des difficultés. La tête de l’enfant était dehors et ne pouvait sortir. On était obligé de mettre les ciseaux. Jusqu’à présent je sens toujours les douleurs. C’est devenu comme une maladie. C’est un grand danger cette pratique. Halte à l’excision !, je m’engage ! »

Ce témoignage authentique a profondément touché les participants et a renforcé la prise de conscience collective sur la gravité des MGF. Il a également constitué un appel fort à l’engagement communautaire pour protéger les générations futures.

Cette séquence théâtrale a ainsi préparé le terrain pour la présentation du thème de la journée.

I.3. Présentation du Thème de la journée : « À l’horizon 2030 : pour mettre fin aux mutilations génitales féminines, un engagement et des investissements soutenus sont indispensables »

La présentation du thème de la journée a été assurée par La Vice-Présidente de la LTDF, Madame TCHAGBELE Scholastique, en qualité de personne ressource.

Afin de rendre la communication plus interactive et accessible, la personne ressource a procédé à une démonstration sur les Mutilations Génitales Féminines (MGF). A l’aide d’un mannequin représentant le bassin de la femme et de sept (7) pièces illustratives servant à montrer chaque étape du processus de l’excision, elle a expliqué de manière concrète et visuelle comment cette pratique est réalisée.

La personne ressource a souligné les conséquences sanitaires graves, notamment les douleurs intenses, les hémorragies, les infections, la formation des chéloïdes, les complications à l’accouchement et parfois même le décès de la femme ou de l’enfant. Elle a également mis en lumière les conséquences psychologiques et sociaux tels que les traumatismes, la peur, la stigmatisation, rejet.

Cette communication très réaliste et éducative a permis aux participants de mieux comprendre l’ampleur de la souffrance infligée aux filles et aux femmes, ainsi que les conséquences dramatiques qui en résultent, renforçant ainsi la sensibilisation et l’adhésion aux messages d’abandon de cette pratique néfaste.

I.4. Conférence-débat 

La conférence-débat a constitué un moment central de l’activité. Elle a permis d’attirer l’attention des participants sur la prévalence de l’excision dans la région centrale.

Les échanges ont permis de renforcer la conscientisation des participants sur les conséquences sanitaires, psychologiques et sociales des MGF. Les leaders présents ont renouvelé leur engagement à prévenir la survenue de cette pratique interdite au Togo et à protéger les victimes.

I.5. Recommandations et engagements

A l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment :

– Intensifier les act0ions de sensibilisation communautaire

– Renforcer l’implication des autorités traditionnelles, religieuses et des forces de défense et de sécurité

– Promouvoir la dénonciation des cas de MGF et la protection des filles

Les participants ont exprimé leur engagement à agir collectivement pour l’élimination totale de l’excision à l’horizon 2030.

I.6. Clôture de l’activité

A l’issue des différentes communications, échanges et recommandations, le Secrétaire Général de la préfecture de Tchaoudjo a pris la parole pour exprimer sa satisfaction quant à la qualité des interventions et à la mobilisation des participants. Il a salué l’engagement des organisations initiatrices ainsi que l’appui de l’ONG Togoverein, tout en réaffirmant la disponibilité de l’administration locale à accompagner les initiatives visant l’élimination des MGF dans la préfecture.

Il a ensuite déclaré officiellement close la célébration de la Journée Internationale Tolérance Zéro aux MGF à Sokodé.

La cérémonie s’est poursuivie par une photo de famille marquant symboliquement l‘engagement collectif des participants, avant un moment de rafraîchissement, favorisant les échanges informels et le renforcement des liens entre les différents acteurs présents.

Conclusion

La célébration de la Journée Internationale Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines (MGF) à Sokodé a permis de renforcer la mobilisation des leaders et des communautés de la préfecture de Tchaoudjo. Les engagements renouvelés et les recommandations formulées constituent des leviers importants pour accélérer l’élimination de l’excision au Togo, à l’horizon 2030.


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